
Speaker: André CHARRAK, Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne
Les discussions sur la place de Rousseau en philosophie ont pour l’essentiel porté sur la question de son système – Goldschmidt venant en quelque sorte corriger Guéroult, en conférant au Discours sur l’origine de l’inégalité le statut d’un commencement théorique auquel les textes ultérieurs seraient strictement ordonnés. Dans cette perspective, l’étude du corpus  s’est focalisée à l’extrême sur le parcours qui culmine avec les grands traités de 1762, sans considérer les textes ultérieurs dans leur approche spécifique. On préférera poser ici le problème, à la fois plus concret et plus documenté, du rapport de Rousseau à la méthode, sans dissimuler les tensions qui surviennent entre la perspective généalogique et les nécessités de la croyance et qui marquent l’intensité d’une intervention en philosophie. On montrera ce que les règles auxquelles se conforment les analyses conduites de 1755 à 1762 doivent à  l’empirisme ondillacien, dont les limites sont réfléchies au seuil de la Profession de foi du vicaire savoyard. Sur cette base, il sera possible de suivre, au-delà d’un itinéraire réputé systématique, le cheminement qui, s’accomplissant dans les Rêveries du promeneur solitaire, est gouverné par le souci de clarifier le  statut  des « notions sublimes » dans une situation de vacance méthodologique que Rousseau reconnaît explicitement au début du dernier opus.
Chair:Â Nicholas CRONK, Voltaire Foundation