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Frontières de la Modernité

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Ce programme d'étude interdisciplinaire de la modernité européenne (en particulier France et Grande-Bretagne) des XVIe aux XVIIIe siècles est pluridisciplinaire. Les chercheurs rassemblés dans ce programme ont en commun de s'intéresser à l'histoire des idées, à l'histoire des savoirs, à la philosophie et à la littérature, et de travailler sur des problématiques communes, portant sur la première modernité. Ce programme cherche, à partir d'études de cas, à comprendre les processus de constitution de la modernité, principalement dans la comparaison entre la France et la Grande-Bretagne, mais sans s'interdire des rapprochements plus amples.

Le groupe se penche sur la question de la modernité, non en tentant de la définir frontalement, ni de la caractériser a priori, mais plutôt en cherchant à l'approcher sur ses marges, à comprendre ses modes de constitution. Il ne s'agit donc pas d'une interrogation sur ce qui ferait le cours de la modernité, mais plutôt d'une enquête menée sur les processus qui ont mené à construire, à délimiter, à exclure des savoirs du champ de la modernité. On ne conçoit en somme pas la modernité comme un donné initial, mais comme l'horizon à partir duquel se construit l'enquête.

Au cours des années 2004-7, il a bénéficié du soutien de l’ACI-TTT (Ministère de la Recherche), qui lui a permis d’organiser un nombre important de manifestations scientifiques, et de poursuivre ses travaux dans le cadre d’un séminaire de travail bimensuel. La phase de publication de ces travaux est maintenant bien engagée, et deux volumes vont paraître au cours de l’année 2008. Le premier, intitulé La Figure du philosophe à l’époque moderne, reprend des exposés présentés dans deux journées d’étude sur le sujet, en collaboration avec l’IRCL de Montpellier. Le deuxième, intitulé provisoirement Frontier Fictions: Law, Literature, and Philosophy in Early Modern Europe, est le résultat de travaux sur les usages de la fiction à l’époque moderne.

Il travaille à présent sur la notion de « cas » en cherchant à comprendre les modes de circulation de la connaissance à partir d’événements singuliers plutôt que de grandes théories, à partir de phénomènes qui ébranlent les savoirs constitués.

Au sein de l’axe « Frontières de la modernité », s’est inscrit depuis septembre 2007 le programme « Lire le roman dans l’Europe de la Renaissance aux Lumières » dirigé par Nathalie Ferrand et financé par l’Agence Nationale de la Recherche. Fondé sur un comparatisme construit par l’histoire de la circulation des œuvres, appuyé sur des recherches dans les archives européennes, le projet embrasse plusieurs aires culturelles (France, Angleterre, Italie, Allemagne) et vise à écrire une histoire de la lecture romanesque en Europe pour permettre de redéfinir l’objet littéraire qu’est le roman à travers l’étude de ses publics et de leurs appropriations. Les frontières sur lesquelles portent les activités de cette recherche ne sont pas que géographiques mais aussi disciplinaires et méthodologiques. Confronter le roman à l’histoire du livre et de la lecture et aux transferts culturels, cela signifie affronter des corpus jusqu’à présent tenus à l’écart des approches littéraires, comme par exemple des œuvres traduites ou encore des œuvres illustrées, traduction et illustration étant à considérer comme deux formes majeures de réception des œuvres dans la période considérée. C’est pourquoi un premier axe de ses activités a conduit la préparation d’un volume collectif auquel collaborent plusieurs collègues d’Oxford Traduire et illustrer le roman dans l’Europe des Lumières. Espace de réflexion sur les domaines qui renouvellent la recherche sur le roman au siècle des Lumières, le projet “Lire le roman” a aussi l’objectif de réfléchir aux rapports entre fiction et culture de l’image au XVIIIe siècle, et de créer un répertoire du roman illustré. Des collaborations se sont rapidement nouées avec des collègues britanniques sur le sujet, à Oxford, Cardiff, Londres et Manchester. Une première journée d’études sur “L’illustration littéraire: réflexions et expériences de recherche franco-britannique” au printemps 2008 sera suivie d’autres rencontres. En novembre, un colloque sur “Le roman d’expression française hors de France entre Age classique et Lumières” sera une autre occasion de réfléchir aux formes et aux contextes d’écriture et de lecture du roman français au-delà de son espace de première production.


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