Voyages par temps de crise : l'hypothèse du ballon ?

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Les ballons, comme les dirigeables, n’ont jamais réussi à prouver leur rentabilité économique. Ils sont trop grands, difficilement stockables, ils ne peuvent transporter beaucoup de fret ni beaucoup de passagers…

 

"Ce serait si commode de faire voyager, au-dessus du pavé encombré, les marchandises comme les passants en nacelle ! Hélas, les ballons comme les dirigeables n’ont jamais réussi à prouver leur rentabilité économique. Ils
sont trop grands, difficilement stockables, ils ne peuvent transporter beaucoup de fret ni beaucoup de passagers… A la fin de son expédition de Cinq semaines en ballon, le docteur Fergusson, le héros de Jules Verne, avait déjà répondu à cette objection : Sommes nous ici pour faire fortune ?"

 

L’aérostation appartient en effet à une économie du progrès fondée sur d’autres valeurs que l’argent. De multiples signes en ont été donnés dès les débuts de l’aventure, dans les années 1780. Les premières ascensions de montgolfières provoquèrent un étonnement, une émotion qui relève de l’espérance et non du calcul. La vieille maréchale de Villeroi s’exclama ainsi : « Mais ils vont finir par trouver le secret de ne pas mourir et je serai morte entretemps. »

Les accidents vinrent, et la Révolution. Les espérances ne se réalisèrent pas. Reste néanmoins un moment de grâce quand la moitié de Paris regardait un ballon s’envoler au-dessus de la ville. Un ballon fait pour être vu par tous et qui rendait égaux tous ceux qui avaient osé monter dans la nacelle…

 

 

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Marie Thébaud-Sorger est historienne au Centre Alexandre-Koyré et à la Maison française d’Oxford