'L’historiographie entre les disciplines : épistémologie, poétique, hybridations', Maison française d’Oxford, 13-15 janvier 2027

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École doctorale ouverte aux doctorants et doctorantes en séjour ou ayant séjourné à la Maison Française d'Oxford.

Comité scientifique :  Emmanuelle Delattre, Livia Holden, Sarah Kiani, Stéphane Van Damme (org.), Pierre Vesperini, Fabien Théofilakis, Denis Thouard (org.).

 

Présentation

Organisé dans le cadre d’une collaboration entre le Centre Marc Bloch et la Maison Française d’Oxford, cet atelier a pour objectif de renforcer les échanges entre jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales autour d’une interrogation commune : comment les différentes disciplines construisent-elles leur rapport au passé et mobilisent-elles leur propre histoire dans la production des savoirs contemporains ? Il ne s’agira pas de faire de la philosophie de l’histoire ni de revenir sur les seuls fondements épistémologiques de la discipline historique, mais d’examiner les « opérations historiographiques » décrites par Michel de Certeau — opérations de sélection, de classement, de mise en récit et de légitimation — qui traversent l’ensemble des sciences sociales. Une attention particulière sera portée aux transformations actuelles de ces pratiques sous l’effet des humanités numériques, de l’intelligence artificielle et des nouvelles formes de traitement des données.

Ouvert aux étudiants de master, doctorants et post-doctorants de toutes disciplines de ces deux UMIFRE (sciences Politiques, sociologie, anthropologie, géographie, philosophie, histoire, études classiques, droit, histoire des sciences, etc), il se déroulera en français et en anglais à la Maison française d’Oxford du 13-15 janvier 2027. Des interventions de spécialistes alterneront avec des présentations des participants et des discussions collectives, avant une table ronde conclusive.

L’atelier vise à fournir des outils pour comprendre ces héritages, se situer dans les débats existants et réfléchir aux différentes manières de mettre en forme une réflexion historiographique.

 

Thématique

La question de l’historiographie ne concerne pas seulement les historiens, mais plus largement les usages du passé dans l’ensemble des sciences humaines et sociales. Toutes ces disciplines disposent désormais d’une histoire suffisamment longue pour interroger leurs propres catégories, méthodes et traditions intellectuelles. Or cette réflexion est traversée par plusieurs tensions. D’un côté, les récits disciplinaires classiques, structurés autour des « pères fondateurs », des ruptures épistémologiques ou des trajectoires nationales, continuent d’offrir des repères puissants. De l’autre, ils sont remis en cause par des approches attentives aux circulations, aux transferts, aux hybridations et aux contextes internationaux qui soulignent la dimension collective, transnationale et souvent contingente de la production des savoirs.

À cette première tension s’en ajoute une seconde, plus contemporaine. Face aux crises politiques, sociales ou environnementales actuelles, les sciences sociales sont de plus en plus confrontées à ce que François Hartog a désigné comme un régime de « présentisme », qui tend à subordonner la compréhension du passé aux urgences du présent. Cette situation entre en résonance avec les analyses de Reinhart Koselleck sur l’écart croissant entre champ d’expérience et horizon d’attente, ainsi qu’avec les réflexions de Kurt Flasch sur l‘ascèse de l’historien pour respecter l’étrangeté radicale de passé. Entre la nécessité de prendre au sérieux les demandes contemporaines et celle de préserver l’épaisseur historique des objets, l’historiographie apparaît ainsi comme un espace de réflexion privilégié sur les rapports entre temporalités, mémoire disciplinaire, usages du passé et production des savoirs.

L’année 2026, marquée par l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, offre une occasion privilégiée de réfléchir aux transformations des pratiques historiographiques. Les historiens ont profondément renouvelé leurs manières de raconter le passé, en intégrant de nouveaux objets, de nouvelles sources et de nouveaux médias. Des évolutions comparables traversent l’histoire intellectuelle, l’histoire littéraire, la philosophie, l’anthropologie, la sociologie ou encore la géographie.

L’atelier explorera plusieurs thématiques :

  • Généalogies historiographiques : les relations entre histoire disciplinaire et histoire intellectuelle ;
  • Le décentrement historiographique : approches croisées, connectées ou hybrides ;
  • Les échelles de l’historiographie : les apports des perspectives postcoloniales et globales ;
  • Les affects de l’historiographie : émotions, matérialité et régimes de connaissance
  • L’historiographie augmentée ? Les transformations numériques des pratiques savantes.

Une attention particulière sera portée aux manières dont chaque discipline construit ses propres récits sur son passé et aux conséquences de ces choix sur la recherche contemporaine.

 

Objectifs

  • Réfléchir à la place de l’historiographie dans la recherche doctorale ;
  • Comprendre les enjeux historiques propres à chaque discipline ;
  • Favoriser les échanges interdisciplinaires ;
  • Présenter et discuter différentes approches historiographiques contemporaines ;
  • Offrir un espace de réflexion sur les méthodes et l’écriture de la recherche.
     

Organisation

Des chercheurs et chercheuses confirmés issus de différentes disciplines proposeront des conférences et participeront à des séances de tutorat personnalisé. Les participants présenteront brièvement leurs travaux en soulignant notamment les problèmes liés à la question historiographique. Ils le feront en mode croisé (chacun présentant le projet d’un autre et vice-versa). Tous prendront part à l’ensemble des discussions.

Les langues de travail seront le français et l’anglais. Une bonne compréhension orale des deux langues est requise.

 

Comment participer ?

Les candidats (de masterant à postdoctorant) sont priés d’envoyer avant le 31 septembre 2026 une lettre de motivation assortie d’un CV sur un unique pdf. Un mois et demi avant l’atelier, ils s’engagent à communiquer un résumé de 7-8 pages.

Envoyer vos propositions à :

stephane.vandamme@history.ox.ac.uk

thouard@cmb.hu-berlin.de