Memory and Oblivion of Financial Crises. Looking back, moving forward

Report on the event held at the MFO on 5 March 2026

EN

The memory of financial crises exists, but it is fragile, selective, and often distorted. It depends heavily on the direct experience of economic actors and on institutional mechanisms (regulation, media, education). When these channels weaken, forgetfulness tends to favour the recurrence of crises.

 

The roundtable held at the Maison Française d’Oxford brought together a researcher, a financial practitioner, and a public official to discuss the role of the memory of financial crises in the regulation and functioning of financial markets.

In his introductory remarks, Youssef Cassis (European University Institute) presented the results of the ERC project MERCATOR he led, devoted to the memory and forgetting of financial crises. The project seeks to examine the extent to which past crises influence responses to contemporary crises. The research shows that crises are not entirely forgotten, but that collective memory is partial and often distorted. The project approaches this issue through five perspectives: the experience of bankers during the 2008 crisis, the transformation of financial elites, the role of the financial press, the evolution of economics education, and the function of financial regulation. The analysis reveals a gradual erosion of the memory of crises during the decades preceding 2008, linked in particular to generational turnover, the marginalisation of economic history in the training of economists, and financial deregulation. While regulation can function as a vector of institutional memory, it also tends to weaken when rules are relaxed.

Jean-Jacques Van Helten (former Chief Risk Officer of the Bank of Montreal in London) offered the perspective of a practitioner. Reflecting on his experience of the Asian financial crisis of 1997 and the global financial crisis of 2008, he emphasised the importance of liquidity management and the interconnectedness of financial institutions. In his view, warning signs of the crisis were already visible in 2007, notably with the bank run on Northern Rock. The crisis revealed a system built upon highly fragile funding structures characterised by a strong maturity mismatch between short-term liabilities and long-term assets. He also stressed the difficulty of transmitting the experience of crises to younger generations of bankers, as current training programmes devote little attention to these issues. He further noted the re-emergence of discourses favouring deregulation and the rise of new financial actors that may recreate systemic vulnerabilities.

Pierre Chabrol (Minister Counsellor for Economic Affairs, French Embassy in the United Kingdom) presented the perspective of public authorities. For the French economic services, monitoring the City of London primarily focuses on developments in the British regulatory framework since Brexit, and their implications for the competitiveness of European financial centres. Following the 2008 crisis, financial regulation was significantly strengthened. However, the adoption of the Financial Services and Markets Act in 2023 reflects a tension between two objectives assigned to regulators: ensuring financial stability while supporting the competitiveness of the UK financial centre. He also referred to the financial and political crisis of 2022 triggered by the budgetary announcements of the Liz Truss government, which illustrated the sensitivity of bond markets and the influence of pension funds on financial stability.

 

The discussion notably addressed the plurality of forms of crisis memory and the role of institutions in transmitting it. Several speakers emphasised that financial regulation can function as a repository of collective memory, insofar as regulatory rules encode lessons drawn from past crises. However, when such rules are challenged or relaxed, this memory also tends to fade. The exchanges thus highlighted the persistent tensions between financial innovation, market competitiveness, and the preservation of lessons drawn from past crises.
 

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FR

La mémoire des crises financières existe, mais elle est fragile, sélective et souvent déformée. Elle dépend fortement de l’expérience directe des acteurs et de mécanismes institutionnels (régulation, presse, enseignement). Lorsque ces vecteurs s’affaiblissent, l’oubli favorise la répétition des crises.

 

La table ronde organisée à la Maison Française d’Oxford a réuni chercheur, praticien de la finance et représentant public afin de discuter du rôle de la mémoire des crises financières dans la régulation et le fonctionnement des marchés financiers.

Dans son intervention introductive, Youssef Cassis (European University Institute) a présenté les résultats du projet ERC MERCATOR, consacré à la mémoire et à l’oubli des crises financières. L’objectif est d’examiner dans quelle mesure les crises passées influencent les réactions aux crises présentes. L’étude montre que les crises ne sont pas totalement oubliées, mais que la mémoire collective est partielle et souvent déformée. Les travaux du projet abordent cette question à travers cinq angles : l’expérience des banquiers lors de la crise de 2008, la transformation des élites financières, le rôle de la presse économique, l’évolution de l’enseignement de l’économie et la fonction de la régulation. L’analyse révèle une érosion progressive de la mémoire des crises au cours des décennies précédant 2008, liée notamment au renouvellement générationnel, à la marginalisation de l’histoire économique dans la formation des économistes et à la dérégulation financière. Si la régulation peut constituer un vecteur de mémoire institutionnelle, celle-ci tend également à s’affaiblir lorsque les règles sont assouplies.

Jean-Jacques Van Helten (ancien Chief Risk Officer de la Bank of Montreal à Londres) a apporté un témoignage de praticien. Revenant sur son expérience des crises asiatiques de 1997 puis de la crise financière mondiale de 2008, il a souligné l’importance de la gestion de la liquidité et des interconnexions entre institutions financières. Selon lui, les signes avant-coureurs de la crise étaient déjà visibles en 2007, notamment avec la panique bancaire de Northern Rock. La crise a révélé un système reposant sur des structures de financement très fragiles, caractérisées par un fort décalage de maturité entre ressources de court terme et actifs de long terme. Il a également insisté sur la difficulté à transmettre l’expérience des crises aux nouvelles générations de banquiers, la formation actuelle accordant peu de place à ces questions. Il observe par ailleurs un retour des discours favorables à la dérégulation et le développement de nouveaux acteurs financiers, susceptibles de recréer des vulnérabilités.

Pierre Chabrol (Ministre conseiller pour les affaires économiques, Ambassade de France au Royaume-Uni) a présenté la perspective des autorités publiques. Pour les services économiques français, l’observation de la City se concentre principalement sur l’évolution du cadre réglementaire britannique depuis le Brexit et sur ses implications pour la compétitivité des places financières européennes. Après la crise de 2008, la régulation financière s’est fortement renforcée. Toutefois, l’adoption du Financial Services and Markets Act en 2023 reflète une tension entre deux objectifs assignés aux régulateurs : garantir la stabilité financière tout en soutenant la compétitivité de la place financière britannique. Il a également évoqué la crise financière et politique de 2022 liée aux annonces budgétaires du gouvernement de Liz Truss, qui a illustré la sensibilité des marchés obligataires et l’influence des fonds de pension dans la stabilité financière.

 

La discussion a notamment porté sur la pluralité des formes de mémoire des crises et sur le rôle des institutions dans leur transmission. Plusieurs intervenants ont souligné que la régulation financière peut fonctionner comme un support de mémoire collective, dans la mesure où les règles encodent les leçons tirées des crises passées. Toutefois, lorsque ces règles sont remises en cause ou assouplies, cette mémoire tend également à s’estomper. Les échanges ont ainsi mis en évidence les tensions permanentes entre innovation financière, compétitivité des marchés et préservation des enseignements tirés des crises.
 

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